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Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI

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MessageSujet: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Mer 20 Aoû - 18:06


 

 
Sei. 聖

 
 

 
Informations

Nom & Prénom :: Sei, et anciennement Etsurō.
Surnom :: -
Age :: Un peu plus de la trentaine, je dirais 34 ans.
Sexe :: Gars
Nationalité :: Japonaise très certainement.
Lieu de résidence :: Avec son potentiel maître.
Métier :: -
Orientation sexuelle :: Bisexuel
Groupe :: Shinki
Pouvoir spécial :: Le pouvoir de Sei est avant tout celui d’un informateur. Bien que peu aimé par son propriétaire, Sei a dû apprendre à faire avec. Son pouvoir agit comme un radar. Il est capable de détecter n’importe quelle forme de vie, quel que soit la dimension dans laquelle elle réside. Cependant, il ne les voit pas, il les ressent. Il ressent la présence de centaines d’êtres, morts ou vivants, ayakashi comme dieux, shinki comme humains. C’est quelque chose qu’il a dû apprendre à manipuler assez vite, tout en sachant dissocier ce qu’il appelle les voix, associant à chaque groupe ou si il le veut à chaque personne l’une de ces voix. Il faut s’imaginer que c’est comme des dizaines de voix nuancées qui envahissent votre esprit. Bien que cette capacité lui parut ingérable, il sut l’aiguiser au fil du temps. Maintenant que c’est un pouvoir dont il a acquis l’entière maîtrise, aucune présence ne peut lui échapper, même cachée par une quelconque formule. Mais même si c’est un pouvoir avantageux, il ne peut détecter ces voix que sur une faible distance d’à peine un kilomètre. Rien ne lui échappe dans ce rayon. Le reste lui est cependant complètement flou. Ah oui, il est totalement incapable de vous assurer s’il s’agit d’un gars ou d’une fille. Rappelez-vous, il ressent des voix, il ne voit pas les corps.
Pour le reste, il est bien évidemment capable de créer une barrière, normale il va de soi. Quant au fait de modifier les liens entre les personnes … Disons qu’il préfère laisser cette capacité aux autres shinki.
Quant à sa forme ... Ça, c’est quelque chose que l’homme aurait aimé gardé pour lui. Parce qu’il n’en est pas très fier. Sa forme est ridicule. Même, elle est informe, amorphe. Elle ne ressemble à rien. Enfin, pour lui. Lorsqu’il est appelé, c’est sous forme d’une pochette qu’il apparaît. Cette pochette, c’est un petit mouchoir, blanc, qui se cale dans la poche de son maître. Ni plus, ni moins. Allez comprendre le rapport entre son pouvoir et sa forme, et si vous trouvez, expliquez-le lui. Parce que lui ne l’a toujours pas compris.
Arme / Shinki :: -
Signe particulier :: Des cheveux bleus-gris ? Non sérieusement, il a une démarche très légèrement boiteuse, souvenir de son ancienne vie en tant qu'humain.

 
Derrière l'écran

Prénom : Manon
Age : 17 ans
PUF : mellyrn
Que penses-tu du forum ? : Soft et tranquille, pas grand monde, bref le paradis. o/
Comment l'as tu découvert ? : Partenariat
Codes du règlement : Validé par Yumi. :3
Autre : Au plaisir !
 
 
 
Physique
Sei est un gars … tout ce qui a de plus normal. Il n’a pas de cicatrice évidente faisant de lui un vieux loup de mer, pas même qu’il ne possède la beauté fatale japonaise. Il est … Normal. Terriblement normal. Question vestimentaire, Sei se trouve plutôt dans l’air du temps, puisqu’il ne porte pas de kimono ou d’autres habits traditionnels. Disons qu’il a appris à s’émanciper des coutumes après tout ce temps. Ah non, peut-être pas totalement au final. J’oubliais un léger détail.
Pour commencer, nous pouvons dire que l’homme mesure quelque chose dans les 1m83-85, ce qui ne le rend pas vraiment grand. Sa stature est droite, rectiligne. Il sait se tenir correctement – surtout en présence d’autres dieux – et à appris « avec l’âge » à les respecter. Pour cela, il est extrêmement poli. Si son corps se tient correctement, ce n’est cependant pas le cas de ses jambes. Ou plutôt devrais-je dire de sa jambe droite. Très certainement un souvenir de son ancienne vie, Sei se souvient de ses premiers pas en tant que shinki avec cette désagréable sensation de ne pas pouvoir marcher droit. Mais maintenant qu’il a quelques centaines de décennies derrière lui, il ne se rend même plus compte de ce handicap, qu’il a appris à palier avec le temps. Oui, notre homme est boiteux. Dire qu’il est infirme n’est pas vrai, puisque lui-même ne le ressent pas comme un désavantage auprès des autres. Si vous le croisez, vous le remarquerez surement. N’y faites pas attention cependant, et vous verrez que cela sera bien vite oublié.
Pour continuer sur la lancée, parlons maintenant de ses cheveux, cheveux qui on peut le dire sont pour le moins … Atypiques. Sûr que vous ne verrez pas grand monde avec une tignasse d’une telle couleur. À moins bien sûr que vous ne rencontriez l’une de ces bandes d’ados en mal de sensations fortes et avec un fort besoin de domination – enfin, il vaudrait mieux pour vous que cela n’arrive pas. Revenons à nos moutons … Ses cheveux, comme je le disais, sont étrangement unis dans une sorte de bichromie. C’est dans ce mélange de bleu et de gris, qui est plutôt beau, on se l’avouera, que Sei aime y passer sa main, preuve indéfectible de son exaspération. Et malgré ces nombreux passages, ses cheveux réussissent à rester dans un ordre plus ou moins tranquille. D’ailleurs, il aime assez s’en vanter, comme quoi il n’a pas besoin de peigne le matin au réveil – sauf que c’est faux, bien évidemment ; il a une tête absolument horrible au réveil. Pour reprendre, ses cheveux lui arrivent plus ou moins au niveau de la nuque, qui se laisse parfois entrapercevoir. Son front est le plus souvent caché derrière ce rideau gris-bleu, tandis que ses yeux arrivent de justesse à échapper à cette emprise. En effet, ils sont encadrés de chaque côté par de petites mèches qui viennent parfois les titiller, mais sans plus. Tiens, ses yeux, parlons-en ! Sans être particulièrement beaux, ni particulièrement affreux non plus, Sei à des pupilles bleutées, doux souvenir de l’ancien temps. Ils brillent normalement, savent ciller, se plisser, etc. Il est fort possible que toutes ses années à servir de shinki et à voir le temps défiler aient brisé l’éclat qui auparavant luisait dans ses yeux bleus.
Caractère
Maintenant, attaquons-nous à sa psychologie. Sans être particulièrement quelqu’un de ronchon ou de grognon, Sei a tout de même son propre caractère. Cependant, réussir à savoir s’il l’a gardé de sa vie avec le monde des vivants, ou si plutôt il se l’est reforgé au contact des différents dieux qu’il a pu servir et côtoyer ; ça, eh bien, c’est quasi impossible. Pour tout vous dire, je crois que même lui ne le sait pas très bien. Pour faire simple, notre homme est quelqu’un de calme. Ses différentes expériences en tant que shinki lui ont appris la prudence et l’art de savoir se faire discret lorsqu’il le faut. Calme, il l’est, certes, mais pas tout le temps. Si le sérieux n’a jamais tué un homme – à moins que … - il est parfois bon de décompresser, de souffler un peu. Tout dépend de la situation et du contexte. Seul, il lui arrivera très souvent de quitter ce masque d’impassibilité pour soupirer un bon nombre de fois. Même s’il est d’une nature peu farouche et plutôt traîne-savate qu’autre chose, il ne faut pas pour autant s’y fier. Chose toutefois assez étrange chez lui, c’est qu’il aime sa capacité à déceler la chose que son interlocuteur ne voudra pas l’entendre prononcer. Eh oui, malgré son air d’éternel déprimé, Sei prend assez souvent un malin plaisir à décortiquer les expressions de ses congénères. À savoir si cela découle de son pouvoir en tant qu’arme divine, ce n’est pas affirmé ; cependant, il est sûr que cela à un rapport avec … En bref, il a donc plutôt une bonne capacité de déduction – et on pourrait même dire de lui qu’il est plutôt perspicace ! -, qu’il aime parfois mettre à profit dans l’intérêt – ou pas – des gens qu’il côtoie quotidien et qu’il apprécie. Et pour continuer dans cette lancée, il ne faut pas oublier qu’il est quelqu’un de franc – sans être pour autant d’une gentillesse exécrable avec vous – et donc qu’il n’hésitera pas une seconde à vous ce qu’il pense vraiment, même si cela pourrait embarrasser ou mettre en colère. C’est une qualité qu’il a appris au cours de ces quelques dernières décennies, et qui par conséquent l’a souvent aidé à s’entendre avec ses différents maîtres.
Malgré ses capacités et son expérience, je vous le dirais sans gêne : Sei n’est pas la douce et gentille personne auquel on peut croire au premier regard – faut déjà y’aller pour le voir comme ça … Il est d’une nature très indépendante et vous le fera comprendre au premier regard. Il a ses petites habitudes et aime un maximum ne pas être dérangé lorsqu’il ressent le besoin d’être seul. À part son maître, personne ne dérogera à cette règle. Je crois que c’est un peu sa manière d’encaisser le fait de n’être qu’un simple mouchoir de poche. Du coup, il est plutôt fier lorsqu’il s’agit d’armes divines ou autres, voire même sensible. Il est pas du genre à ses mettre en colère, mais faut pas venir chercher la petite bête non plus.
Ainsi donc, voilà ce qu’il en est pour la partie, dirais-je, visible, de Sei. Vient le reste et ce que je considère comme n’étant pas quelque chose de visible, c’est-à-dire son histoire.

 
Histoire
Il me serait totalement impossible de vous dire à quelle période précisément à vécu Sei. De même que lui n’en a aucune idée puisqu’il ne se souvient de rien concernant sa vie passée. C’est pour cela que tout ce que je vais vous raconter restera entre nous, lui ne doit pas en apprendre l’existence. C’est une règle qui tous doivent respecter.

Etsurō naquit au pays du soleil levant. Mais malgré cette appellation, le pays n’était encore qu’une multitude de petits états et d’empires, de seigneurs se faisant la guerre pour savoir lequel dirigerait le plus grand nombre de territoires. Etsurō ne connut pas la paix. Ou tout du moins, comme elle l’est maintenant. Il habitait avec ses parents un petit village en province de l’ancienne capitale, sur l’actuelle Honshu. De sa vie nous n’en parlerons que peu puisqu’elle n’expliquera rien. Si néanmoins il est une chose qui est besoin de raconter, c’est comment il devint infirme, et ce qui en découla. À l’époque, il est fort probable qu’être infirme n’était pas bien vu et mal supporté. On devenait un poids pour l’entourage. Cela était bien sûr du à l’incapacité de la personne à pouvoir travailler par exemple dans les champs ou pour d’autres activités. Comme je le disais un peu plus haut, nombreux étaient les empereurs et seigneurs à se battre, à provoquer guerres civiles sur famines pour obtenir la terre de l’autre, et ainsi de suite. Son maigre village fut lui aussi prit dans cette spirale infernale. Il ne vit rien venir, de même que le reste de la population. On se murmurait le soir à l’oreille d’étranges rumeurs, celle d’une attaque sur la ville voisine. Personne ne savait si ce n’était qu’affabulation ou bien au contraire si cela venait de source sûre. Etsurō en avait lui-même entendu parler dans la maison familiale. S’il n’avait pas surpris la conversation de ses parents, eux l’en avait déjà informé. Lui avait maintenant atteint les 34 ans quelques semaines auparavant. Il était grand et pourtant avait refusé femme et enfant, ne souhaitant pas la vie d’un simple père de famille. « Pas à cette période » avait-il répondu à sa mère furibonde, sous le regard de son père quelque peu compréhensif.

Grand bien lui fit. Deux semaines à peine après l’arrivée de cette rumeur, une matinée, celle-ci se confirma. Alors que le soleil n’avait pas encore marqué la terre de sa chaleur, ils entendirent un bruit. Ou plutôt, un grand fracas. Comme si une multitude de bovins se mettaient à courir, faisant trembler la terre sous leurs sabots. Rapidement, tous les villageois furent dehors, les yeux écarquillés, fébriles, les bras et les jambes tremblotantes. Le reste se passa avec une rapidité déroutante.
Cris. Hurlements. Hennissements. Force. Douleur. Sang. Feu. Cendres. Douleur encore, plus forte. Quelqu’un le tire par le bras mais le lâche tout aussi subitement qu’il l’a pris. Il essaye de se relever, mais n’y arrive pas. Sa jambe est prise. Comment, par quoi, il ne sait pas. L’urgence de la situation le prend à la gorge. Pas de la situation, mais de sa situation. Une boule d’angoisse se forme dans son ventre. La peur s’insinue peu à peu dans ses veines, prenant le contrôle de tout son corps. Lorsqu’il ose enfin rouvrir les yeux, se sont d’abord ses mains qu’il voit. Mais il les reconnaît à peine. Elles sont en sang, pleines d’écorchures. Il tâte son corps, son visage. Une odeur de sueur mêlée à celle, métallique, du sang et de peur s’engouffre dans ses narines, lui obstrue la respiration. Elle se fait de plus en plus erratique, comme saccadée. Il a dû mal à respirer. L’air de ses poumons se vide petit à petit. Chaque fois qu’il ouvre la bouche, c’est comme si l’air disparaissait. Alors il scelle ses lèvres l’une contre l’autre, les serrent aussi fort qu’il peut. Il ne laissera pas sa raison de vivre s’évaporer comme ça. Mais il sait aussi qu’il ne tiendra pas longtemps. Autour de lui, c’est le chaos. Il n’a jamais vu une telle scène de sa vie. Elle est violente. Incroyablement violente. Il a l’impression d’être pris dans un tourbillon, d’être secoué dans tous les sens. Lorsqu’enfin l’air se raréfie dans ses poumons, il ouvre la bouche, gobe quelques bouffées de chaleur et de cendres. Il tousse, crache un mélange de salive, de bile et de sang, reprend son souffle. Mais c’est à peine une minute de répit. Il essaye de se lever en prenant d’abord appui sur sa jambe gauche. Elle tient. Il tente alors la droite. Elle est bloquée, il le sent, mais il ne sait pas par quoi. L’air est saturé, il y voit à peine plus loin que ses bras. Même si l’aube a commencé son ascension du ciel, le brouillard de la nuit est toujours là, teinté d’orange. Au travers, puissantes et gracieuses, il voit les flammes, luisantes, glaciales. Elles brûlent tout, n’épargnent pas. La peur est toujours là, nichée au creux de ses mains, gravée dans ses paumes écorchées à vif. Sa jambe le lance. Il a mal, bien plus mal que lorsqu’il avait loupé la marche du perron quand il était enfant. Il serre les dents, retient un cri de douleur qui ne tarde pas à franchir la barrière de ses lèvres. Il a avancé sa main vers sa jambe. Elle n’est pas coincée sous des décombres. Une chose s’est fichée dedans. Il effleure cette chose, essaye dans dessiner les contours sans la faire bouger. Ce qu’il n’arrive pas à faire. Par deux fois, elle bouge même s’il ne fait que la frôler, et deux fois ses lèvres se forment en un rictus disgracieux, deux fois son cri bourdonne à ses oreilles, les fait vibrer. Quelqu’un, ou quelque chose, bute sur son corps, trébuche pour s’affaler à côté de lui. Tout son être tremble tant la douleur est insupportable. L’inconscience menace, frappe à sa porte. Il ne sait pas si lutter l’aidera ou non. Incapable de réfléchir, un élancement dans sa jambe le fait frissonner, provoquant une nouvelle vague de douleur. Son esprit est parti dans ses derniers retranchements, tentant d’échapper à cette souffrance inconnue mais pourtant tellement réelle. Alors son corps s’affaisse sans douceur aucune sur le sol dur et froid, recouvert de cendres, de boue et éclaboussé de sang.

Lorsqu’il ouvrit les yeux pour la seconde fois, Etsurō ne vit rien. Dans sa tête grésillait un bruit affreux qui n’avait de cesse de résonner comme un écho sur les parois de son crâne. Sa vision n’était que petits points blancs. Il fit cligner ses paupières puis les referma. Lorsqu’il les rouvrit, il put apercevoir le soleil, caché derrière des nuages de blancs et gris mêlés. Faisant marcher ses méninges un temps oubliées, il comprit qu’il devait être en fin d’après-midi. Il s’était évanoui. De douleur. À cette pensée, il ne put retenir un rictus. Elle revenait au galop, à grand renfort d’élancement vif et lancinant, lui rappelant à son bon souvenir des images brutes, événements de la matinée. Ils avaient été attaqués. Comment, pourquoi, il n’en savait rien. Le village avait dû être pris entre deux feux, c’était tout ce qu’il voyait. Et il n’en saurait probablement jamais plus. De nouveau, il se sentit partir dans l’inconscience. Elle le berça longuement, lui intimant d’étranges rêves où il voyait tantôt ses parents, tantôt son corps englouti par un liquide vermeil. Mais cette inconscience-là ne le retient pas longtemps, puisque lui n’en a plus pour longtemps. La dernière fois qu’elle le rejeta, il vit le ciel nocturne au-dessus de lui.

Nombreuses sont les étoiles, étincelantes, millénaires, qui veillent et illuminent la Terre depuis les cieux. Alors Etsurō se met à se poser des questions. Des questions auxquelles il n’avait jamais pensé auparavant. Y a-t-il quelque chose, là-haut ? Quelque chose qui le regarde en ce moment même, alors qu’il sent sa vie lui glisser entre les mains et l’air quitter définitivement ses poumons pour cette fois-ci ne jamais y revenir ? Il n’en sait rien, ne s’était jamais posé de telles questions existentielles. Et maintenant que ce moment arrive, il doute, se questionne lui-même. Sa vie a-t-elle eu un sens ? Lui a-t-elle servi à quelque chose ? Oui. Ce petit mot de trois lettres vient se poser sur ses lèvres avec douceur et il le murmure dans la nuit. Plusieurs fois. Est-ce la démence de son sort qui le fait délirer ? Peut-être. Certainement. Et pourtant il n’en est pas sûr. C’est étrange. Il est sur le dos, allongé par terre dans un mélange de boue sèche et de cendres. Quelque chose, certainement une lance, est figée dans sa jambe droite, l’a transpercée de part en part. Il ne l’a sent plus, de même que le reste de son corps qui devient peu à peu mou, comme engourdi. Le froid de la nuit lui provoque des picotements dans les doigts et les pieds. Mais il ne tremble pas. Ce que l’on pourrait appeler un sourire s’affiche petit à petit sur ses lèvres, faisant oublier qu’un filet de sang s’en écoule. Il ne sent plus rien. Ses yeux fixent le ciel, cherchent à déceler n’importe quelle présence. Un moment passe ainsi. Puis l’angoisse arrive. Brutale, violente comme une vague qui déferle et emporte tout sur son passage. Il l’avait oublié. Il avait oublié qu’en mourant, il ne serait plus . Qu’il n’existerait plus. Il avait oublié ce qu’était la mort, son essence même. Il avait oublié son chagrin lorsqu’un de ses amis était mort, une dizaine d’année auparavant. La mort est pleine de douceur et de peur. Personne ne sait ce qu’il se passe dans ces derniers instants. Seuls les morts connaissent la mort, et ils ne reviennent pas. Ils sont morts ; définitivement absents. Et cette réalité le frappe de plein fouet. Non. Non ! Il ne veut pas. La réalité est là, devant lui, et elle n’est plus aussi grisante qu’avant. Une boule d’angoisse se forme dans sa gorge. Il n’en a plus pour longtemps, il le ressent. Cette angoisse, il ne l’avait jamais sentie. Ce n’était pas l’anxiété des mauvaises récoltes, ce n’était pas l’inquiétude de ne pas savoir s’il mangerait le lendemain. Non, c’était tout autre chose. Quelque chose de bien plus profond, de bien plus ancré en lui. Qui était là depuis tout ce temps, attendant son heure la plus propice pour faire son apparition. Il est totalement pétrifié. Sa situation est aussi mauvaise que celle du jour de l’attaque – depuis combien de temps est-il allongé par terre ? – voire même pire. Au moins, ce qu’il ressentait à ce moment-là était quelque chose de concret, qu’il comprenait. Maintenant, tout était différent. Et bientôt, cette boule d’angoisse se diffusa dans tout son être, faisant bouger ses membres longtemps immobiles. Une douleur sourde irradia son corps. Tout recommençait. Il était pris dans un cercle infernal, n’ayant de cesse de répéter ses derniers jours. Comme une trainée de poudre, l’angoisse devenue peur s’infiltra dans ses veines, ses muscles, ses os, son esprit. Avec le peu de conscience qu’il lui restait et le peu d’humour – si d’humour nous pouvons parler car il s’agirait plutôt d’une sorte d’ironie post-mortem -, il se dit que décidément, il n’avait jamais eu de chance avec ces sensations. Un rire parti du fond de sa gorge pour venir éclairer le ciel étoilé. Quelques minutes après, ce rire se mua en une sorte de cri qui troubla la tranquillité de la nuit. Il n’y eu pas d’écho. La terre était désolée. Le village qu’il avait connu autrefois n’avait plus rien à voir avec celui dont il arrivait vaguement à distinguer les formes. Dans son champ de vision, la plupart des maisons avaient brûlé, avaient été dévoré par les flammes. Il lui semblait apercevoir quelques piliers de bois calcinés tenir encore debout par il ne savait quel miracle. Il n’y avait personne. Pas un bruit. Pas un reniflement, pas un cri, un sanglot ou même un pleur. Rien de tout ça. Juste lui et le ciel nocturne.

La masse des sentiments qui l’animait depuis le début était une sorte d’enchevêtrement de sensations différentes. Toutes uniques et pourtant reliées les unes aux autres. Peur, angoisse et anxiété formaient une boule difforme. Regret, étonnement et inquiétude un entrelacement de fils indémêlables. C’était vraiment étrange. Comment autant de sentiments pouvaient-ils arriver à cohabiter dans un même corps sans se « marcher dessus » ? Plus le moment arrivait et plus il avait l’impression de partir dans des divagations que même son esprit ne comprenait plus.

Lorsqu’il avait ouvert les yeux tout à l’heure, Etsurō avait compris que ce serait pour la dernière fois. Il en était arrivé à cette conclusion par défaut. Les faibles signes que lui envoyait son corps ne pouvaient le tromper. C’était la fin. Et pourtant, il avait voulu l’oublier. Oublier ce qu’impliquait sa mort, et son absence d’existence. Oui, il avait peur. Une peur irraisonnée, comme la peur du noir d’un enfant. Une peur qu’il n’avait jamais côtoyée. Qui lui prenait la gorge, qui lui serrait l’estomac comme s’il n’avait été qu’une simple feuille, qui lui broyait le cœur. Non, bien sûr qu’il ne voulait pas. Pas comme ça, pas maintenant. La peur fait parfois faire des choses bêtes tant elle est forte ; pourtant nous ne pouvons pas lutter contre elle : notre corps tremble de ce qu’il va lui arriver. La peur est un électrisant. Elle te fait prendre conscience d’une multitude de choses.

« Non … Je ne veux pas … Pas … mainte-. »

Les sanglots étouffèrent les mots suivants. Les larmes roulèrent sur ses joues sales et poussiéreuses, creusant plus encore le contraste de sa peau devenue pâle. Le sang séché se mélangea au sel, lui donna une teinte claire. Nourri, lui aussi se mit à couler le long de son visage. Des traces rouges vermeilles se formèrent petit à petit. Et les larmes n’arrêtaient pas de couler. Comme un cri du cœur, un appel désespéré.

Ses paupières cédèrent les premières. Se fermèrent. Sa dernière vision fut celle, floue, du ciel étoilé nocturne.
Ses mains furent les secondes. Se desserrèrent. Toute la tension accumulée se relâcha instantanément.
Ses jambes vinrent après. Se décontractèrent. La douleur avait disparu, laissant place à un froid mordant.
Ses doigts furent les suivants. Arrêtèrent de trembler. Les picotements avaient cessé, comme si la fine barrière entre le toucher et la sensation s’était brisée.
Son torse fut le prochain. Se relâcha. Les muscles se détendirent, le corps se cambra une dernière fois.
Sa conscience vint en dernière. Se déconnecta. Sa dernière pensée fut l’avenir, sa dernière sensation celle d’une main cagneuse effleurant ses cheveux.


Mort.
Un drôle mot.
Drôle ?
Non, pas vraiment.
Oui.
Il était mort.
Rien, il ne se souvenait pas.
Comment était-il mort ?
Comment avait-il vécu ses derniers moments ? Impossible à dire. Impossible à décrire. Impossible de se remémorer. Comme si un énorme gouffre avait envahi ses souvenirs ; les avaient perforés, dissous, brisés, détruits.
Ou était-il ?
Il flottait. Dans de l’eau ? De l’air ? Ses bras étaient légers, ses jambes capables de tout mouvement. Pourtant il ne pouvait pas les bouger. Bizarre. Il sentait que s’était possible de se mouvoir mais il ne pouvait pas le faire. Comme un étau qui l’enfermait, qui restreignait ses mouvements à de simples pensées. Il pouvait penser qu’il marchait mais dans la réalité, il en est totalement incapable. Il ne pouvait pas murmurer ni hurler. Alors, il cria dans sa tête.


La personne qui le délivra de cet état était une personne que l’on pourrait qualifier de peu recommandable. La première chose qu’il ressenti – et qu’il avait l’impression de ne pas sentir quelque chose depuis des millénaires – fut une main, douce, grande, l’enserrant fermement. Il ferma les yeux pour les rouvrir immédiatement. Et ce qu’il vit à ce moment-là resta probablement la chose la plus surprenante qu’il expérimenta. Il se voyait de deux manières différentes. Lui en tant qu’humain, nu, mi flottant mi debout dans un espace bleuté. C’était sa première vision. Le deuxième était la plus étonnante, et heureusement pour lui qu’il n’était pas cardiaque. On pourrait dire qu’il s’agissait d’une vue plus ou moins superposée. L’autre était une vue extérieure. Normal dirions-nous. Cependant, ça ne l’était pas pour lui. Comment pouvait-il être à deux endroits à la fois ? Ce fut une voix, cette voix qui lui répondit. Grave, puissante, profonde. Totalement différente de ce que à quoi il s’était attendu lorsqu’il avait senti ses mains sur lui. Puis vint un nom. Unique.
Maintenant, ce nom a disparu, comme toi. Mais il restera à jamais gravé en moi. Il sera à jamais le premier qui me fut donné ; le premier d’une bien longue liste. Trop longue peut-être. Je ne saurais pas même vous dire avec exactitude le nombre de dieux que j’ai pu côtoyer. Certes, ce n’est pas un infini. Mais je crois que mes connaissances en mathématiques et ma mémoire sont bien trop pauvres et trop peu sollicitées qu’il me serait impossible de vous les donner avec une précision certaine.
C’était un nom que l’on donnait aux esprits - autrefois des humains - qui avaient subi leur mort plutôt que de la vouloir. Etsurō comprit un peu mieux sa situation. Il était mort, avait erré en tant qu’esprit – sous la forme d’une petite boule lumineuse – et maintenant, un dieu l’avait recueilli en tant qu’ « arme divine ». Nombreuses étaient les questions qui se bousculaient dans sa tête, et qui ne tenaient pas compte des priorités. Mais l’une avait déjà reçu sa réponse. À peine avait-il envisagé de la poser que l’explication s’était imposée d’elle-même. Lorsque son maître l’appelait par son nom d’arme divine, il prenait la forme d’un mouchoir de poche. Un simple, et minuscule mouchoir de poche. Il n’avait jamais compris comment et pourquoi. Comment pouvait-on en être réduit à ça ?

Puis les jours avaient défilé. Les semaines aussi, et les mois, les années. Au fur-et-à-mesure, il apprit quel était son rôle et son rang en tant que shinki. Cela lui prit un peu de temps avant de tout assimiler. Tout d’abord rebelle, flemmard et traîne-savate – chose qu’on s’accordera à dire, il conserve encore ce pan de sa personnalité -, il comprit les règles qui régissaient tout ce beau monde, le monde des dieux et des shinki. Etsurō – qui depuis lors ne se souvient plus de ce nom-là – s’immisça peu à peu dans les hautes sphères de cette société. Sans pour autant en devenir l’incontournable. Il s’y fit des alliés comme des ennemis. Vécu des coups durs, supporta le temps, encore et toujours, à l’infini. Ria des blagues vaseuses de son premier maître. Le soutint lorsque le besoin s’en faisait sentir. Parlons-en, de cet homme. Malgré tout ce que l’on pouvait en dire, il n’était pas véritablement un dieu. Enfin, c’était lui qui n’avait de cesse de le répéter à qui voulait bien l’entendre. Il avait les habits – parce que oui, l’habit d’un dieu fait – quasiment – tout ; essayer le survêtement miteux et sombre et vous verrez que ça marche beaucoup moins bien … -, le physique, tout pour lui. Il était juste trop jeune. Il ne lui avait jamais dit, mais Etsurō pensait qu’il ne devait pas avoir atteint la vingtaine. Sa mentalité n’était pas la bonne. Et c’est ce qui le causa à sa perte. Il ne s’en souvient plus très bien maintenant, mais c’est l’un des seuls souvenirs qu’il a gardé de lui. Vous dire comment est-ce arrivé ne serait pas vraiment correct. Je ne suis pas ici pour ressasser le passé, simplement là pour vous l’éclairer. Mais revenons à notre affaire. Je n’ai pas tords de dire que cette – première – disparition creusa dans le cœur du shinki un grand trouble. Pour ne pas dire désespoir. Qu’allait-il devenir ? Que fallait-il faire ? Qu’allait-il devoir faire ? Il était resté longtemps avec lui et ensemble, ils ne leur étaient jamais venu à l’esprit d’une éventuelle reconversion pour Etsurō. Alors le vide se fit peu à peu. Les questions affluèrent. Et il se retrouva seul, encore une fois. Il ne chercha pas à trouver un autre maître. Il erra un peu partout, ne sentant pas encore le bon moment pour revenir. Longues avaient été les années qu’ils avaient passé tous les deux. Profonde avait été leur relation, entretenue par une sorte d’amitié à demi-réciproque.

Enfin, le temps fini son œuvre. Il l’emmena voir d’autres personnes, d’autres dieux, d’autres shinki. Pour que se crée des liens, bons ou mauvais, peut importait. Juste des liens. Des amitiés. Des inimités. Pour qu’il oublie.

  © FICHE CRÉÉE PAR REIRA DE LIBRE GRAPH'
 


Dernière édition par Sei le Jeu 25 Sep - 11:42, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Mer 20 Aoû - 19:49

Bienvenue et bon courage pour faire la suite de ta fiche \o/
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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Mer 20 Aoû - 20:31

Bienvenue petit Shinki o/
Un beau vava avec un pouvoir original, je dis oui !
Bon courage pour la suite de ta fiche, j'ai hâte de lire la suite ~
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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Mer 20 Aoû - 20:56

Merci merci. :3
La suite viendra un peu plus tard !
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Yumi
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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Mer 20 Aoû - 21:32

Un bienvenue "officiel" cette fois. :3

Un shinki avec un pouvoir original, c'est bien.
Si tu as le moindre problème ou question, n'hésite pas. ~
*donne les cookies de bienvenue*

Au plaisir !

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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Mer 20 Aoû - 23:30

Bienvennuu ^^
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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Ven 22 Aoû - 12:34

Merci ! (:

Je viens de poster le physique, et j'essaye de poster le reste au plus vite, certainement dans le we. J'en profite pour dire que j'ai rajouté une petite chose à signes particuliers. (;
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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Lun 8 Sep - 13:37

Je m'excuse platement pour le temps que je prend pour rédiger ma fiche ! Mais avec la rentrée et toussa, ça n'a pas été facile ... Je pense pouvoir la terminer soit ce we, soit la semaine prochaine.

Edit : Ajout du caractère.
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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Jeu 25 Sep - 11:19

Finiiiiiii.
Mon dieu, j'ai bien cru que jamais je n'y arriverais ! Enfin voilà, c'est fait ! La fin est un peu bâclée je pense, mais je trouvais que je commençais à baratiner ... À vous de juger, et en espérant qu'elle vous plaira sincèrement !
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Yumi
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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI Jeu 25 Sep - 21:44

....

Juste... Wow. J'ai adoré.
Pour moi tu passes sans problème !

Je te valide donc ! En espérant pouvoir en savoir plus sur ton petit Shinki en RP. ~
Bon jeu ! :3

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MessageSujet: Re: Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI

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Death and life are the same thing ; the reality is just different. FINI

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